Renault Austral : le SUV compact qui veut tout faire (famille, ville, trajets boulot)
Sur le papier, le Renault Austral coche toutes les cases du SUV compact “raisonnable” : gabarit de compacte, moteur hybride sobre, bonne dose de techno et une promesse claire : être à l’aise en ville comme en famille. Après plusieurs jours à son volant, voici ce que ça donne, chiffres à l’appui.
Gabarit et maniabilité : vraiment adapté à la ville ?
Le premier critère pour un SUV “urbain mais familial”, c’est le gabarit. L’Austral mesure environ 4,51 m de long, soit à peine plus qu’une Mégane. En largeur, 1,83 m hors rétros. Sur le papier, ça reste raisonnable, mais ce qui change tout, c’est la direction et le rayon de braquage.
Avec les roues arrière directrices (option 4Control Advanced selon les versions) on tourne dans un mouchoir de poche :
- Rayon de braquage proche de 10,1 m (équivalent à une Clio)
- Manœuvres de créneau et demi-tours nettement facilités
- Rues étroites ou parkings souterrains bien moins stressants
Sans les roues arrière directrices, l’Austral reste maniable, mais on perd ce petit “effet wahou” en ville. Si vous vivez en centre-ville dense ou que vous fréquentez beaucoup les parkings souterrains, c’est une option à regarder sérieusement.
La visibilité est correcte, mais pas parfaite :
- Capot plongeant et grandes vitres avant : on place facilement l’avant
- Lunette arrière assez petite : caméra de recul quasi indispensable
- Sur versions hautes : caméras 360° très utiles pour éviter les jantes rayées
À l’intérieur : accueil de la famille et ergonomie au quotidien
On parle de SUV “compact idéal pour la famille”, donc la question logique : est-ce que tout le monde est bien installé, et est-ce que la vie à bord est simple ?
Confort à l’avant : on s’installe vite, mais il faut aimer les écrans
À l’avant, l’Austral reprend l’architecture de l’habitacle de la Mégane E-Tech :
- Deux grands écrans en L : instrumentation numérique et tablette centrale verticale
- Barre coulissante servant d’accoudoir et de “poignée” de maintien
- Beaucoup de réglages de siège et de volant (surtout sur les finitions hautes)
Le maintien est bon, même après plusieurs heures. Les sièges sont fermes comme souvent chez Renault, mais jamais durs. Sur long trajet, on apprécie :
- La bonne longueur d’assise
- Les réglages lombaires (selon finition)
- L’insonorisation correcte à 130 km/h, même avec le moteur hybride
Seul vrai reproche : la profusion de commandes dans les menus. On trouve à peu près tout, mais pas toujours du premier coup. L’avantage, c’est que Google Automotive (selon version) permet une navigation efficace, avec trafic en temps réel et une reconnaissance vocale correcte.
Aux places arrière : assez de place pour deux sièges enfants… et un ado
Côté habitabilité arrière, l’Austral s’en sort bien pour un SUV compact :
- Espace aux jambes suffisant pour des adultes d’1,80 m, même derrière un conducteur de grande taille
- Toit un peu bas au niveau de la tête sur les versions avec toit panoramique, mais rien de dramatique
- Banquette coulissante sur 16 cm selon les versions : pratique pour moduler coffre / espace aux jambes
Pour deux sièges enfants, aucun souci :
- Fixations Isofix bien accessibles (aux extrémités de la banquette)
- Largeur suffisante pour installer un siège groupe 1 et un rehausseur sans jouer au Tetris
- Troisième place centrale utilisable pour un (gros) ado sur court trajet, mais la ceinture ventrale et le tunnel central limitent le confort
Ce n’est pas un monospace, mais pour une famille de 4, c’est parfaitement exploitable au quotidien.
Coffre et rangements : peut-on vraiment partir en vacances à 4 ?
Un SUV compact qui vise les familles doit avoir un coffre crédible. Là-dessus, l’Austral coche les cases, avec des variations selon la motorisation et la présence ou non d’un système hybride complexe.
En gros, on est autour de :
- 555 litres de coffre en configuration 5 places (versions non hybrides rechargeables)
- Banquette coulissante permettant de gratter quelques dizaines de litres en avançant les sièges
- Volume exploitable, formes assez carrées, seuil de chargement correct
Pour des vacances à 4 :
- 2 grandes valises + 1 poussette + quelques sacs souples : ça rentre, en jouant un peu avec l’organisation
- Pas de gros rebord gênant pour charger un objet lourd
- Doubles fonds possibles selon finitions, pratiques pour cacher des objets ou ranger des câbles
À l’intérieur, les rangements sont nombreux :
- Grand bac dans la console centrale
- Bacs de portes corrects, acceptant une grande bouteille d’eau
- Boîte à gants de volume honnête
On n’est pas au niveau d’un monospace en modularité, mais par rapport à un SUV compact moyen, l’Austral fait le job sans difficulté.
Confort de suspension : agréable en ville, un peu ferme avec les grandes jantes
Sur route, l’Austral mise sur un compromis “confort/rigueur” assez typé Renault. En ville, les ralentisseurs et les nids-de-poule sont globalement bien filtrés, surtout si vous évitez les plus grandes tailles de jantes.
En pratique :
- Avec des jantes de 18 pouces : confort très correct, les petites irrégularités sont bien absorbées
- Avec des jantes de 20 pouces : plus de remontées sur chaussée dégradée, surtout à basse vitesse
- Au-delà de 110 km/h : très bon maintien de caisse, peu de mouvements parasites, on se sent en sécurité
Les bruits de roulement restent présents sur enrobé grossier, comme sur beaucoup de SUV compacts, mais ça ne gâche pas les longs trajets. Le moteur hybride sait se faire discret… quand on ne le pousse pas trop.
Moteur et consommation : l’hybride E-Tech vaut-il le coup ?
Le gros argument de l’Austral, c’est son offre hybride E-Tech. L’idée : associer un petit bloc essence avec un ou plusieurs moteurs électriques pour réduire la consommation, surtout en ville.
Sur la version E-Tech full hybrid 200 ch (la plus intéressante pour un usage mixte) :
- Moteur essence 3 cylindres 1.2 turbo
- + moteur(s) électrique(s) et petite batterie non rechargeable sur prise
- Puissance combinée : environ 200 ch
- Boîte auto multi-modes à crabots (spécifique Renault)
Ce qui compte, c’est surtout ce que ça donne à la pompe. En usage réel :
- Ville majoritaire : entre 5,5 et 6,5 l/100 km si vous conduisez souple
- Péri-urbain / mixte : autour de 5,5 – 6,0 l/100 km sans effort particulier
- Autoroute à 130 km/h : plutôt 6,8 à 7,5 l/100 km selon charge et style de conduite
Pour un SUV essence d’environ 1,5 tonne, ces chiffres sont bons. L’hybride non rechargeable se montre particulièrement pertinent si :
- Vous faites beaucoup de ville ou de trajets avec bouchons
- Vous ne pouvez pas recharger une hybride rechargeable à domicile
- Vous voulez éviter le diesel sans exploser votre budget carburant
Attention toutefois au ressenti de la boîte :
- En conduite souple, les transitions thermique/électrique sont assez douces
- Si vous écrasez l’accélérateur, le moteur peut monter dans les tours de façon un peu brusque et bruyante
Ce n’est pas une sportive, malgré les 200 ch affichés. L’intérêt de cette motorisation, c’est la sobriété, pas les performances pures.
Sur route et autoroute : un SUV rassurant mais pas joueur
En dehors de la ville, l’Austral se comporte comme un SUV compact moderne bien né :
- Direction précise, avec une bonne consistance
- Train avant accrocheur, même sur route humide
- Version 4Control (roues arrière directrices) : impression de grande agilité en virage, tout en améliorant la stabilité à haute vitesse
Sur autoroute :
- À 130 km/h, le moteur tourne à un régime correct, sans hurler
- Le maintien dans la voie et le régulateur adaptatif (selon finition) rendent les longs trajets moins fatigants
- La correction de trajectoire peut parfois sembler un peu insistante : à régler dans les menus si besoin
C’est une voiture pensée pour avaler des kilomètres en famille, sans générer de stress. Si vous cherchez un comportement sportif, vous serez déçu. Si vous cherchez une auto qui donne confiance sous la pluie, chargée de bagages, vous serez servi.
Infodivertissement et aides à la conduite : utile ou gadget ?
À bord, la techno est partout. Bonne nouvelle : une bonne partie est vraiment utile au quotidien, surtout avec des enfants à bord.
Parmi les équipements vraiment intéressants :
- Android Automotive avec services Google (selon finition) : maps, assistant vocal, mises à jour
- Compatibilité Android Auto / Apple CarPlay (souvent sans fil) pour ceux qui préfèrent leur téléphone
- Caméras 360° : très utiles en ville et pour éviter les trottoirs en stationnement
- Régulateur adaptatif, maintien dans la voie : pratique sur autoroute et voies rapides
- Alerte de trafic arrière en sortie de stationnement : rassurant avec des enfants dans la voiture
En revanche, certaines aides peuvent agacer :
- Alerte franchissement de ligne trop bavarde si vous roulez souvent sur des routes étroites
- Freinage d’urgence parfois un peu trop sensible dans les embouteillages
Heureusement, la plupart de ces systèmes sont paramétrables. Prenez 10 minutes en début de prise en main pour ajuster tout ça à votre goût, vous y gagnerez en sérénité.
Budget : achat, assurance, entretien et valeur de revente
Parler d’“idéal pour la famille et la ville” sans parler d’argent n’aurait pas beaucoup de sens. L’Austral n’est pas une voiture low-cost, mais elle se positionne dans la moyenne du segment des SUV compacts généralistes.
À l’achat (neuf) :
- Les versions de base mild-hybrid commencent autour de 32 000 – 34 000 € (hors promo)
- Les hybrides E-Tech bien équipées dépassent rapidement les 38 000 € et peuvent frôler ou dépasser les 45 000 € en haut de gamme
En LOA / LLD, Renault propose régulièrement des offres commerciales. Vérifiez :
- Le kilométrage annuel inclus (trop bas pour une famille qui part souvent ?)
- Les frais de remise en état en fin de contrat
- La valeur résiduelle : impacte directement le montant des mensualités
Côté assurance :
- Un SUV compact récent bien équipé se situe plutôt dans la partie haute du panier pour une assurance tous risques
- Comptons souvent entre 60 et 100 € / mois selon votre profil, votre bonus/malus et votre région
- Les versions hybrides, bien sécurisées, peuvent parfois bénéficier de tarifs un peu mieux placés qu’un SUV essence pur équivalent
Entretien :
- Pas de vidanges tous les 10 000 km comme autrefois, mais un entretien régulier reste indispensable, surtout pour la partie hybride
- Freins : l’hybridation et le freinage régénératif permettent souvent de prolonger la durée de vie des plaquettes
- Révisions en concession Renault : coût dans la moyenne du marché généraliste, mais plus élevé qu’un petit modèle simple type Clio
Valeur de revente :
- Les SUV compacts se revendent bien en occasion, surtout avec motorisations sobres
- Une version hybride E-Tech devrait mieux résister à la décote qu’un gros essence pur
- Évitez les configurations trop exotiques (couleurs criardes, options très spécifiques) qui peuvent compliquer la revente
Pour qui l’Austral est-il vraiment logique ?
L’Austral, dans sa version hybride E-Tech, est cohérent pour :
- Une famille de 3 ou 4 personnes habitant en périphérie ou en ville avec parking privé
- Un usage mixte : trajet domicile-travail, autoroute de temps en temps, week-ends et vacances en voiture
- Des conducteurs qui veulent une auto moderne, confortable, sobre, sans passer à l’électrique pur
Il sera moins pertinent si :
- Vous faites très peu de kilomètres par an : une compacte simple ou un petit SUV essence fera l’affaire pour moins cher
- Vous faites 90 % d’autoroute à 130 km/h : un diesel moderne bien choisi peut rester plus sobre
- Vous avez besoin de 3 vrais sièges enfants côte à côte : dans ce cas, regardez plutôt côté monospaces d’occasion ou SUV plus larges
Au final, l’Austral s’inscrit dans ces SUV compacts qui ne cherchent pas à briller seulement par leur look, mais qui ont une vraie logique d’usage : confortable, assez spacieux, bien pensé pour le quotidien, et plutôt sobre grâce à l’hybride. Pour un foyer qui veut un seul véhicule capable de tout faire correctement, c’est clairement un candidat à mettre sur la short-list.
